À vingt ans !

Nous vivons dans une période particulièrement critique, la crise sanitaire mondiale de la covid-19 a complètement chamboulé nos vies depuis plus d’un an. On a aussi l’impression de partager à peu près les mêmes situations d’urgences, incluant le stress de l’isolement prolongé et cette forte tendance vers la dépression; bref les mêmes souffrances et les mêmes soucis, à pied d’égalité, en même temps et partout sur la planète. Mais pour Haïti, ce cher pays dans lequel je vis, avec le corona virus on nous rajoute une couche de plus. Considérant la déchéance effrénée que l’instabilité politique, l’insécurité croissante et la pauvreté avaient déjà commencé à gangrener sérieusement depuis quelques décennies. Nous avons perdu notre aura de première république noire souveraine. Vestige d’une île (ou presqu’île) considérée jadis comme la perle des Antilles, nous pennons à sauver la face et à émerger. À quand la renaissance du Phoenix? Tout est possible quand l’union (sincère) fait la force d’une nation. Je vous laisse donc découvrir les vers du poème en contexte titré « À vingt ans« .


À Vingt ans…

Dans cet étrange

Coin d’île,

À vingt ans comme

À cent ans, on a déjà tout vu…

On doit juste s’accrocher à la grue,

Le torrent est déjà là,

Le lit établi

Il faut décider d’un parcours

Dont l’orbite nous échappe,

Car la rivière suit calmement son cours.

Si seulement ces roches se dérober

Pouvaient, se téléporter ou du moins se réinventer…

***

Seul le fou se satisfait de son monde 

L’homme, ce curieux condamné et son offrande

On aperçoit l’image floue

Le spectre futur se dessiner tout au bout

On ne peut encore l’atteindre

Alors que nous parviennent

Les vapeurs fantômes…

Le rire, l’amitié et l’amour font scintiller

Nos nuits, nos cellules et nos atomes

La sève du midi crie plus fort

Que la voix dans le désert

Celle qui souffle comme le tropique du cancer

***

La boussole est fatiguée,

Les aiguilles révolues et agitées

« Dieu se bouche-t-il les oreilles ? »

Ce seront toujours les plus forts qui auront une part belle

Au gré des fantaisies,

Les caresses du temps

Tâteront nos pouls puis s’esquissera une saillie

Un conquérant gagne son destin à la manière dont il le choisit

À vingt ans comme

À cent ans, on a déjà tout vu…

Dans ce délicat

Coin d’île.

© Sarita C. Pierre

© http://www.poesieetmemo.com

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